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Journal du coronavirus 10.

Journal du coronavirus 10.

Mercredi 25 mars 2020.

En rangeant des journaux, je suis tombée sur une édition de « Le Monde » datée du jeudi 13 février. C’était le jour de la mort de Claire Bretécher et dans un encart de la « une » on voit la jolie frimousse de la « Sociologue de la BD ». Au centre on peut lire, « Coronavirus : une très grave menace pour la planète selon l’OMS ». Le journal lui consacre une double page et trois chroniques. A l’intérieur, une carte presqu’émouvante : alors que l’épidémie sévit en Chine (44 670 cas, à peu près le nombre de cas testés au PCR en Espagne, aujourd’hui), l’Europe semble merveilleusement épargnée. 3 cas en Italie ( 69176 aujourd’hui), 13 aux Etat Unis (55 225), 16 en Allemagne (33 593), l’Iran n’est même pas mentionnée ( 24 811), 11 en France (22637).

Et voilà que non seulement le virus a déferlé chez nous, mais plus les jours passent, plus la vague s’enfle, grossit, devient menaçante. « Stop » ! souhaiterait-on hurler. Trop tard ! Le mécanisme infernal de la contagion est enclenché et rien ne pourra l’arrêter. Alors on s’est confinés. Trop tard ! Combien de personnes sont réellement contaminées ? On n’en sait fichtre rien, puisque le dépistage n’est pas systématique – si cela vous intéresse, vous pouvez acheter me test PCR, il vous en coûtera 1500 euros, le voyage en vaut peut-être la chandelle. Ainsi, chers Messieurs Dames, vous êtes peut-être confinés avec un/une porteur/euse sain/e, peut-être que vous êtes ce porteur sain, mal de tête, fatigue et fièvre – top là camarade, vous l’avez ! Et voilà qu’on nous montre des images épouvantables de couloirs d’hôpitaux à Madrid encombrés de malades toussant allongés dans les couloirs, à Madrid où la fameuse patinoire « el palacio de hielo » a été transformé en gigantesque hall hospitalier parsemé de lits. Mais le pire, quand même, c’est que ceux qui sont en première ligne, infirmiers, brancardiers, aides-soignants ne sont pas assez protégés, telle aide soignante pleure parcequ’elle n’a pas de masque, pas de surblouse, tel infirmier à Madrid, s’est découpé sa blouse dans un sac plastique vert. Ainsi, indéniablement, une partie de ceux qui sont au front sont contaminés – le coronavirus est maintenant déclaré maladie professionnelle pour le personnel hospitalier. Alors, avec le déferlement du virus, et le débordement du système sanitaire, la mort est rentré à pas de velours, discrète, élégante, bien présente dans l’ombre.

Le Dr Pitti, de l’hôpital de Metz nous parle de « priorisation ». Trois sortes de patient pour la réanimation. 1. Celui qu’on ne prend pas. (« Poveretto ! »)2. Celui qu’on prend, car il y a une espérance thérapeutique, mais «jusqu’à un certain point ».3. Celui enfin qui a toutes les chances. Souvenons-nous quand même que 80,9% des infections sont légères, 13,8% sévères, et 4,7% sont critiques.

Quoi d’autre au menu ?

Une application est à l’étude, pour « tracker » les malades du corona. Elle les localise et propose des chemins alternatifs pour ne pas s’en approcher.

730 000 personnes sont au chômage partiel.

Les prisonniers de Fleury Mérogis se révoltent - leur prison est un bain de culture -, 5000, en bout de peine, vont donc être libérés - « testés au PCR », espère-t-on.

On cherche 2000 saisonniers dans le monde de l’agriculture.

L’Inde vient d’ordonner le confinement total d’1 milliard 3 d’habitants – les images de Bombay déserte sont déroutantes. Une gageure - 75 millions d’indiens vivent dans la rue…

Pendant ce temps à Paris, les confinés s’organisent. L’initiative « dans ma rue » instaure des échanges d’immeubles à immeubles, via les fenêtres, concerts de flûte traversière, extrait de la Traviata, tous les talents sont appelés à s’exprimer aux croisées ouvertes, en plus des échanges de coloriages pour les enfants, d’histoires lues en direct par « tonton Nico ». Et à 20h00, c’est le sacro sain rendez-vous, on ouvre la fenêtre, et on se promène virtuellement sur la « stradoune », ou le « paseo » - on a enlevé son pyjama confort, et les belles, si elles le veulent, se font plus belles pour l’ovation et le concert de casseroles à ceux qui sont au front.

Il y aura un « après », oui. Arrivera le jour où, clignant des yeux, nous retrouverons la lumière du jour – et pourront pleurer nos morts.

Retrouvez les précédentes chroniques – 1 à 9 -, sur facebook.


Les illustrations sont de Juanjo SURACE.

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