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Journal du coronavirus 13.

Lundi 30 mars. 15 jours déjà – et tout ce qui ses situe avant le vendredi 13 mars, la date charnière où tout en pensant aux élections municipales et à une vie tout à fait normale, nous devions remplir notre caddy et choisir un lieu d’hibernation - tout cela nous semble infiniment loin ! 15 jours, le temps d’un voyage, le temps de vacances scolaires, le temps qu’il faut pour passer deux week-end et deux semaines de 5 jours, rythmées, par le travail, tel dîner, telle pièce de théâtre, telle place d’opéra réservée longtemps à l’avance. Cela devait avoir lieu, dans cette seconde moitié du mois de mars et cela n’a pas eu lieu - les cartes ont été rebattues à la vitesse de l’éclair et nous voilà là où nous ne nous étions pas imaginé être : sur notre balcon à guetter le rayon de soleil, dans la salle de bain à faire du vélo d’appartement, devant notre ordinateur à parler avec notre vieille mère. Il y a, les confinés sans télétravail, les confinés avec télétravail et avec enfants, école à la maison - en général cela va ensemble -, les confinés-étudiants, comme L., en biologie, qui continue les cours par internet et les contrôles continus par devoirs scannés, et puis tous les autres, ceux qui sont au front, le personnel hospitalier, bien sûr, mais aussi les caissières de supermarché, qu’un appel de la CGT engageait à ne pas aller au travail dimanche. En effet, dans le cadre de la loi de l’état d’urgence, 25 ordonnances ont été adoptées, le 26 mars, dont la modification du droit du travail avec l’autorisation de travailler le dimanche. Natacha Pommet, secrétaire générale de la fédération CGT des services publics, explique le sens du préavis de grève lancé  : « Nous ne sommes pas les seuls, la fédération CGT de la santé a également maintenu son préavis. Il ne s’agit pas d’un appel à la grève mais d’un préavis de couverture, une possibilité offerte en dernier recours à chacun de nos personnels de faire valoir leurs droits s’ils ne se sentent pas protégés dans l’exercice de leur travail. » Après la mort d’un des leurs la semaine dernière, certains caissiers-ières, ont pris leur dimanche, pour se reposer, pour être en famille, pour repartir avec plus d’énergie lundi. Pendant ce temps le Dr D., du Havre, médecin généraliste en cabinet et en centre d’enfants handicapés, tout juste retraité en octobre 2019, s’est inscrit pour la réserve sanitaire et attend qu’on l’appelle. Après une vie professionnelle bien remplie, marquée par l’engagement auprès des plus démunis – les malheureux du pays de Caux lui ont appris le patois cauchois -, l’accompagnement sanitaire de trains pour Lourdes et une spécialité auprès de jeunes handicapés en centre, il sait qu’il doit « rempiler ». A ces côtés S. son épouse, coud des masques. Les quatre enfants, consultés, sont d’accord pour la réserve sanitaire. S. calcule : 4 heures d’efficacité pour un masque chirurgical, 3 masques par jour, 15 par semaines… du « masque » sur la planche. Le Dr D et son épouse soulignent l’ironie du sort, ils voyaient arriver la retraite avec un certain soulagement. Bien protégé ou non, le Dr D. ira là où on l’appelle. Il est médecin. Comme tous les futurs médecins à la fin des études de médecine, il a prêté le serment d’Hippocrate qui l’engage à respecter ses obligations déontologiques. “Au moment d’être admis à exercer la médecine, je promets et je jure d’être fidèle aux lois de l’honneur et de la probité. Mon premier souci sera de rétablir, de préserver ou de promouvoir la santé dans tous ses éléments, physiques et mentaux, individuels et sociaux. Je respecterai toutes les personnes, leur autonomie et leur volonté, sans aucune discrimination selon leur état ou leurs convictions. J’interviendrai pour les protéger si elles sont affaiblies, vulnérables ou menacées dans leur intégrité ou leur dignité. Même sous la contrainte, je ne ferai pas usage de mes connaissances contre les lois de l’humanité. J’informerai les patients des décisions envisagées, de leurs raisons et de leurs conséquences. Je ne tromperai jamais leur confiance et n’exploiterai pas le pouvoir hérité des circonstances pour forcer les consciences. Je donnerai mes soins à l’indigent et à quiconque me les demandera. Je ne me laisserai pas influencer par la soif du gain ou la recherche de la gloire. Admis dans l’intimité des personnes, je tairai les secrets qui me seront confiés. Reçu à l’intérieur des maisons, je respecterai les secrets des foyers et ma conduite ne servira pas à corrompre les mœurs. Je ferai tout pour soulager les souffrances. Je ne prolongerai pas abusivement les agonies. Je ne provoquerai jamais la mort délibérément. Je préserverai l’indépendance nécessaire à l’accomplissement de ma mission. Je n’entreprendrai rien qui dépasse mes compétences. Je les entretiendrai et les perfectionnerai pour assurer au mieux les services  qui me seront demandés. J’apporterai mon aide à mes confrères ainsi qu’à leurs familles dans l’adversité. Que les hommes et mes confrères m’accordent leur estime si je suis fidèle à mes promesses ; que je sois déshonoré et méprisé si j’y manque.” Retrouvez le « journal du coronavirus » de 1 à 12 sur facebook.


Les illustrations son de Juanjo Surace

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PREMIER OPUS

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