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Journal du coronavirus 14.



Mardi 31 mars. La solidarité s’est installée à tous les niveaux de la société, sans distinction de race et de milieu social. Lorsqu’on appelle son assureur pour un problème de remboursement d’intervention du serrurier nocturne – 1039, 37 euros le changement de serrure, avant le confinement bien sûr, car après, non seulement on ne perd plus ses clés parcequ’on ne sort plus, mais au cas où l’on sort et où l’on perd ses clés, on les retrouvera certainement en évidence sur le trottoir ou sur sa place de parking. L’expertise se fait par téléphone et par internet. L’experte est arrangeante. Au fond de la ligne on entend un babillement. C’est l’heure du biberon ! Même chose avec les courriers privés, connivence et collaboration avec l’employé, toucher le moins possible les enveloppes, les papiers, signer, remplir avec « son » bic, le mètre cinquante est respecté, et par-dessus le marché on vous offre un petit jet désinfectant pour vos gants – et le sentiment agréable de « maîtriser » la situation… « fastoche ! ». Même chose au téléphone avec l’agent Orange, pour une carte SIM volée – avant le confinement, on aurait du mal à se faire voler son téléphone ces derniers temps, et d’ailleurs : ils font quoi, les voleurs ? Ils volent où ? Et les ferrailleurs, ceux qui vivent « de » la rue, « de » ce qu’on trouve dans les poubelles et sur les trottoirs ? – et quand cet agent Orange me signale que je recevrai une enquête de satisfaction « très importante » pour lui, j’ai presqu’envie de l’embrasser tellement il a été gentil, arrangeant, tellement la « dose » d’amabilité et d’empathie est l’excipient obligé de ces temps d’exception – même si au final le problème objet de mon appel n’a été qu’à moitié résolu.

Les nouvelles sur le front du virus ne sont pas bonnes. On le sait. On en a encore pour une quinzaine de mauvaises surprises. Et même si l’empreinte carbone de la consommation des français la première semaine de confinement a baissé de 62%, même si les chercheurs travaillent sur des tests de dépistages par sécrétion, - plus rapides -, par tests sérologiques et prises de sang, cela, pour sortir du confinement, - les « frontières » de ce drôle de virus ont bougé. Il ne touchait que les plus de 75 ans, un bébé de moins d’un mois est mort. Il n’était pas l’affaire des jeunes - sur 21 000 personnes hospitalisées en France, 1/3 ont moins de 60 ans et 64 personnes de moins de 30 ans sont en réanimation – certes, la majorité des cas en réanimation sont diabétiques ou présentent des pathologies cardiaques.

Alors oui, pensons aux 7924 personnes rentrées guéries à la maison – si au bout de 8 jours, pendant 48 heures, elles n’ont pas de symptômes, elles sont estimées guéris. Pensons à tous ces animaux qui vivaient aux lisières des hommes, et qui réinvestissent l’espace, les lapins d’Orly – dernier vol commercial aujourd’hui 31 mars, avant une fermeture sine die - , les sangliers du Tibidabo, écoutons, dans ce silence enfin reconquis, les pépiements d’oiseaux, les criaillements des oisillons, c’est le printemps, ne l’oublions pas, et plus que jamais la nature respire d’aise.

Retrouvez la chronique « Journal du coronavirus de 1 à 13… » sur facebook et sur le blog de l’auteur.

http://theresefournier.fr/blog

Les illustrations sont de Juanjo Surace.

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