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  • theresefournier

Journal du coronavirus 15.


Mercredi 1er avril. Pas de poisson d’avril. Pas de poisson du tout d’ailleurs. Depuis que le secteur hôtelier est en berne, le prix du poisson a tellement baissé que palangriers et chalutiers préfèrent rester à quai et toucher des indemnités.

Pas de poisson d’avril. Pas de poisson. Pas de vacances non plus, puisque le ministre Castaner a bien précisé qu’il n’y avait pas de congé en confinement – le confinement n’est pas un travail, et n’a pas besoin de ses vacances.

Bon, pas de poisson d’avril, pas de poisson, pas de vacances… Mais du pain sur la planche, pour les scolaires et les universitaires confinés entre papa /maman et les profs d’internet.

Bref, le virtuel a d’autant plus le vent en poupe que la situation pratique se dégrade – le pic de l’épidémie est attendu dans les quinze jours, donc tenons bon, et ne demandons pas à nos maris d’aller acheter nos compresses menstruelles à la pharmacie – ils risqueraient d’être verbalisés, comme cela a été le cas, eh oui, il n’y a pas que les règles de 4 !.

Le citoyen confiné et sa famille s’organisent. Et si aux étudiants on rappelle, « ding-ding », qu’il faut travailler, même dans ces circonstances exceptionnelles, aux parents, on rappelle, « ding, ding », que dans un autre foyer confiné il y a un fonctionnaire des impôts au télétravail qui attend votre « on-line-declaration » du 4 au 11 juin, histoire de vous faire comprendre que, oui, la vie continue, et qu’elle a besoin d’être financée cette vie.

L’ « on-line déclaration » pour le 4 juin ça rassure plutôt finalement, ça veut dire qu’à cette date la situation sera maitrisée, que la France ne sera pas morcelée entre territoires clos surinfectés, et territoires ouverts.

Souvenons-nous qu’au début, quand même, on « fermait » les territoires infectés ( Codogno en Lombardie, Méry-sur-Oise en région parisienne, Igualada en Catalogne). Il y avait les « dedans », les « bains de culture », et les « dehors ». Et puis, « oh ! dis ! C’est vrai ça ! », on découvre que tout est devenu un « dedans », que le seul « dehors », c’est la lune ou mars, peut-être, et que seuls ont le droit de prendre le train sont les pauvres intubés des hôpitaux débordés qu’on déplace d’une région à l’autre – un tgv médicalisé est parti ce matin d’Austerlitz pour placer 36 patients dans des hôpitaux de Bretagne.

Allez ! Faisons l’effort d’un peu de réalisme ! « Circonscrire » est devenue notre dernière arme face au virus : définir des « espaces », dans cet espace on soigne – et héros sont-ils, ceux qui nous soignent -, dans cet espace on se protège du virus – les maisons des familles confinées…

A Los Angeles, pas de logements bon marché, mais des campings cars et des plages. Les SDF infectés sont ainsi confinés dans ces campings. Ailleurs en Amérique, un « parking » à SDF avec délimitations à la peinture blanche au sol a été peint, - je vous rassure, ça ressemble au parking de votre supermarché préféré, sauf qu’à la place des voitures, il y a un humain sous une couverture, image inhabituelle, certes, le SDF étant par nature habitant de partout et de nulle part.

Allez ! Il est temps de demander un visa pour la Biélorussie, ( 9,5 millions d’habitants et patrie de Tchenobyl), où Loukachenko embrasse ostensiblement un joueur de football et déclare que le coronavirus est une « psychose », ou un visa pour le Turkmenistan (5,5 millions d’habitants), avec son «père protecteur », Gurbanguly Berdimuhamdow, qui a interdit à la presse de prononcer le mot « coronavirus » et fait arracher les masques par sa police spéciale.

Retrouvez la chronique « Journal du coronavirus 1 à 14 » sur facebook ou sur le blog de l’auteur, http://theresefournier.fr/blog

Les illustrations sont de Juanjo Surace.

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