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Journal du coronavirus 19.


Mardi 7 avril. On se souvient du Diamond Princess, (Journal 2 et 3), ce fabuleux navire de croisière de 290 mètres de long qui croise, fin janvier 2020, dans la nuit scintillante de mer de Chine.

A bord c’est l’ivresse du bonheur, avec des piscines à toboggans magiques, des casinos où l’on jette infatigablement ses jetons, des bars à gin tonic, des salles de cinéma panoramique.

Rien n’est trop pour satisfaire 2674 croisiéristes - dont 750 ont balcon sur mer -, servis par 1238 personnes. Le tout de 50 nationalités différentes...

Le 31 janvier, les passagers débarquent à Keelung à Taïwan pour une excursion. Mais le 1er février, le navire est mis en quarantaine sur l’île d’Okinawa - un homme de 80 ans présente des symptômes alarmants.

On se souvient qu’au cours de ce mois de janvier, le coronavirus se disperse, cas par cas, dans 23 pays. Il atteint 5974 cas en Chine, avec 132 morts - Le nombre de cas en France, 1 mois et demi plus tard, le 16 mars...

Avec un premier cas de Covid19 le 22 janvier -une ressortissante taïwanaise revenant d’un séjour à Wuhan -, et le mauvais souvenir de l’épidémie de SRAS de 2002-2004 (346 infectés et 37 morts, pour une épidémie totale de 8000 infectés pour 774 morts), les taïwanais se mettent au travail pour tracer le parcours des croisiéristes sur leur sol.

Avec des assises légales, le centre des maladies contagieuses, via les opérateurs téléphoniques, récoltent tous les signaux des émetteurs et des antennes relais. A l’aide d’algorithmes ils isolent les clients du Diamond Princess, trouvent ensuite les empreintes numériques des numéros de téléphone en itinérance et font la liste des dix lieux touristiques fréquentés par les croisiéristes. Puis ils lancent une alerte à 7 millions de personnes ayant potentiellement croisé les touristes... du jamais vu.

À Taïwan, cette plateforme électronique sert aussi au suivi de 53000 patients en quarantaine. Si le patient ne répond pas, on lui envoie un message d’alerte, puis la police débarque.

Curieusement, c’est le citoyen hysterisé par la maladie qui exige ce type de protection.

A Wuhan, les wuhanais en bonne santé peuvent de nouveau sortir, mais ils doivent télécharger leur code « QR » sur leur téléphone portable. La couleur du code QR varie selon les déplacements. Vert, il signifie que vous n’avez pas croisé d’infectés. Mais si par malheur vous « croisez » un infecté, et plusieurs, sur votre chemin de chaperon rouge, la couleur change : à « orange/rouge », rebelote pour une quarantaine ! Ça peut faire cher le paquet de cigarettes !

À quelle sauce seront nous mangés en Europe ? En Espagne Telefónica, Orange et Vodafone, se livrent à une étude de mobilité « anonyme ». « Anonyme », cela veut dire qu’on utilise vos données, mais «lavées » de votre identité - genre : « elle part en voyage au Cap Vert, on ne connaît pas son âge, mais elle a un maillot de bain à fleurs acheté le 4 février au Corte Inglés... »

3200 aires de mobilité de 5000 à 50 000 personnes seront au dk définies en Espagne. Tiens tiens... c’est pas du maillage territorial ça ?

En France, le projet serait similaire à celui de l’Allemagne : sur base volontaire, on reçoit les informations de proximité avec la maladie...

Comme le dit si justement le journaliste-essayiste Olivier Tesquet, « le Big Brother providentiel devient plus que jamais le pharmakon platonicien, le poison et le remède. »

Retrouvez les chroniques « journal du coronavirus 1 à 18 » sur facebook.

Les illustrations sont de Juanjo Surace.


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