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Journal du coronavirus 22 et Fin.

Vendredi 17 avril. Un dessus de lit de coton bleu à recoudre. Dix rideaux beige à repasser. Une boîte de backgammon à recouvrir de skaï vert amande. Voici ce que j’ai abandonné dernière moi lors de la fermeture brutale du 17 mars, il y a un mois. Des objets domestiques déposés chez des artisans - la couturière, la teinturière, le cordonnier -, que la vitrification brutale de toute activité et la disparition des humains dans leur terrier m’a empêché de récupérer.


En promenant hier le chien, comme je le fais depuis trente jours, matin et soir, sur l’esplanade surplombant la ville embuée dans le lointain, obstinément muette, j’ai senti un frémissement : le ronflement conjoint de plusieurs moteurs de voiture, deux voix s’entrecroisant dans une conversation, un rire d’enfant.


Interdite des prémices d’une renaissance, j’ai alors pensé au monde d’après, à ce monde qui comme une flambée de bois sec allait s’enflammer et crépiter, dont la flamme salvatrice et purifiante monterait jusqu’au ciel ! La « vie » ! La « vie » dont on avait oublié jusqu’aux moindres bruits.


Interdite de ces prémices, j’ai alors voulu profiter, comme ces heures du matin volées sur des journées trop remplies, j’ai voulu profiter de ce monde de maintenant, qui bientôt serait le monde d’hier, convaincue que sans transition, sans appel, sans sommation, de la même manière qu’elle s’était cachée pour perdurer, la vie allait exploser comme un feu d’artifice dans son indescriptible désordre.

Je sais qu’on oublie. On oublie les drames et les malheurs, les terreurs et les cauchemars, on oubie – c’est le propre de l’homme que d’oublier dans une amnésie permanente et salvatrice.


Je savais qu’on oublierait vite ces jours silencieux où chacun s’était replié sur soi, certains séparés de l’être aimé, dans une écoute attentive, de bruits qui ne viendraient pas, dans un apprentissage douloureux des atomes de silence - compensée par la cacophonie de 20H00, où les humains meurtris apprivoisaient leur terreur.


Hier, avec la netteté d’un dessin, dans ce dehors vacant, deux voix, échangeaient.


Que restera-t-il de notre aventure collective ? Quel genre de blessure aurons-nous tous, cette même blessure d’humain pour nous reconnaître et nous différencier des bêtes ?

Cette aventure collective nous a blessé l’âme et il nous faudra beaucoup de beauté et beaucoup d’amour pour la panser.


Avec le « journal du coronavirus de 1 à 22 » nous avons cheminé ensemble, jour après jour, tentant de composer un état des lieux. La mort dans les Ehpad, la pénurie de masque, les super paquebots de croisière, le marché d’animaux vivants de Wuhan, le laboratoire de virologie de Wuhan et mille autres thèmes, ont été partagés.


Aujourd’hui, nous commençons un nouveau chapitre. L’heure de tirer les leçons est arrivée.


Merci de votre lecture, de vos « like », de vos cœurs et de vos partages, et bon courage.



Le « journal du coronavirus de 1 à 22 » est disponible sur facebook ou sur le blog de l’auteur.

http://theresefournier.fr/blog

Les illustrations sont de Juanjo Surace.

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PREMIER OPUS

DE LA

TRILOGIE ARABE

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DEUXIÈME OPUS

DE LA

TRILOGIE ARABE

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TROISIÈME OPUS

DE LA

TRILOGIE ARABE

Thérèse-Fournier-XXL-V2-bdf-Web-230x366.

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