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PREMIER OPUS

DE LA

TRILOGIE ARABE

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DEUXIÈME OPUS

DE LA

TRILOGIE ARABE

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Journal du coronavirus 4.

Et nous voici dans l’œil du cyclone ! De l’Italie à l’Allemagne en passant par la péninsule ibérique, Andorre et la Roumanie, du Nord au Sud de l’Est à l’Ouest, les Etats, individuellement, et l’Europe comme entité, ont pris le taureau par les cornes. Parcequ’il n’y a pas d’alternative. Les images de Paris ce dimanche 15 mars sont glaçantes, glaçants ces groupes de citoyens oisifs allongés sur les pelouses des jardins publics, ces quais de Seine bondés, glaçante, oui, cette promiscuité ! Si on avait pu calculer la vitesse de transmission, ce dimanche 15 mars, on aurait eu froid au dos ! Car maintenant, cela n’échappe plus à personne, promiscuité = transmission. Les premiers infectés du parlement en savent quelque chose. L’Assemblée nationale est un lieu idéal de diffusion et parions qu’un postillon transmis à la 7ème rangée, arrivera aisément à la première rangée – aujourd’hui, 17 mars, 15 parlementaires sont atteints. Ne parlons pas du parlement anglais où on est serré les uns aux autres comme une bande de gais lurons dans un pub.

Pendant un mois – du 13 février au 13 mars -, on a essayé d’ignorer, on s’est justifié, on a argumenté – les cas recensés, n’étaient pas des cas, on a tout simplement refusé d’admettre que notre voyageur solitaire, notre virus, adorait les gouttes de salive de nos amis, les surfaces métalliques du métro, les lignes de vie de nos mains et que sa rapidité de diffusion était inouïe.

Revenons à la semaine dernière, à Paris. Lundi 9 mars, lendemain de la journée internationale de la femme. Rien de très anormal à Paris – alors que dans le « grand est », c’est la catastrophe, mais soudain le grand est devient aussi éloigné de nous que la Chine de Wuhan. Chacun a ses plans pour la semaine et pour le week-end. Je dois venir à Paris où j’ai une conférence à la Sorbonne pour mon association archéologique « L e pays vert ». J’ai quand même décidé de prendre le train pour ne pas me trouver coincée dans un aéroport. Jeudi soir 12 mars, un concert au théâtre Hiro, à Barcelone. Vendredi M. doit aller en train dans le « grand est » pour un rendez-vous professionnel. Lundi 9 et mardi 10 mars, normalité. Mercredi matin 11 mars, cependant, le château de carte commence à s’écrouler. Le concert est annulé. La conférence de la Sorbonne, la virée dans le grand est, annulés. Donc mon déplacement à Paris. Dois-je néanmoins toujours aller à Paris pour voir L ? Je sens l’orage qui s’approche depuis plus d’un mois et j’essaye de trouver dans internet des indications pour les universités à Paris. Rien, si peu de choses. Il n’y a pas de mot d’ordre, car l’épidémie s’intensifie en voix off, moins elle fera de bruit, mieux ce sera – municipales obligent ? Tout le monde continue à son poste dans notre monde qui va toujours à mille à l’heure. Jeudi 12 la fac de Tolbiac ferme, et vendredi 13 mars tout s’accélère. L’Espagne « ferme », c’est l’état d’urgence. Les gens ont peur. Font des courses désordonnées et on découvre, de Madrid à Bruxelles en passant par Barcelone et Paris, que les gens ont une passion pour les packs de papier hygiénique. Cela devient d’ailleurs un sujet de conversation : pourquoi se ruer sur le papier hygiénique ? Je pense pour ma part que le papier hygiénique sert à tout, qu’il occupe beaucoup de volume – satisfaisant de remplir les armoires -, et qu’il ne coûte pas cher.

Maintenant, donc, les mesures maximales ont été prises, car, c’est triste à dire ? – ça nous parle en tout cas de l’humain – il n’y a qu’en faisant peur aux citoyens qu’on arrivera à contenir la situation en Europe, épicentre de la contagion. Alors le grand jeu : frontières extérieures de l’Europe fermées, frontières intérieures avec filtrage. Il faut à tout prix cesser de bouger, car bouger, c’est transmettre.

Les illustrations sont de Juanjo SURACE


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